• Pour les nostalgiques de notre professeur de Philosophie

    « Le bonheur est extrêmement révolutionnaire, la tristesse est réactionnaire, conservatrice, elle ne produit rien »

    Deux choses sont à prendre en compte dans la définition du bonheur.

    Premièrement la bonne fortune, c’est-à-dire ce qui tombe à pic, ce qui s’annonce bien, ce qui nous met dans une position favorable dans l’existence. Le bonheur est un état miraculeux de l’existence où tout va à l’unisson où tout fonctionne bien.Les moments heureux sont passagers mais il ne faut pas s’en faire parce que la vie nous en donne plein.

    Deuxièmement, le bonheur n’est pas simplement un état extérieur de la vie mais un état intérieur, c’est le philosophe Alain qui le définit ainsi.

    La tristesse c’est une facilité, c’est une tentation. Le propre de la bonne humeur, c’est de décider de ne pas être triste. C’est une révolte, une révolution contre l’état d’esprit morose. C’est un refus d’un laisser-aller.

    Donc il faut lutter pour être heureux ?

    Oui, surtout en ce moment où l’on privilégie les gens qui vont mal, qui se plaignent. La bonne humeur se révolte contre cet état, elle fait volte-face. Le bonheur est actif. Ce n’est pas parce que les choses vont bien que l’on est heureux mais l’inverse c’est lorsque l’on est heureux que les choses vont bien.

    Ce ne sont pas les gens furieux et en colère qui ont bousculé les choses. Le bonheur est extrêmement révolutionnaire, la tristesse est, quant à elle, réactionnaire, conservatrice, qui ne produit rien. Le bonheur fait voir des possibilités que la tristesse ne fait pas voir. D’une certaine manière on peut dire « vive la pensée positive ». Le bonheur demande de lutter à un moment contre ses idées noires et ses penchants morbides. Quand on a cette mentalité-là, on est toujours heureux.

    Être heureux dans une époque comme la nôtre n’est-ce pas un peu égoïste ?

    Être heureux n’empêche pas de voir ce qui va mal, jamais le bonheur n’a rendu égoïste ou idiot. Il n’y a pas que la souffrance qui enseigne l’homme, il y a l’amitié et l’amour aussi. Ce n’est pas quelque chose qui nous ramollit. Le bonheur n’est jamais bête.

    Quels sont les conseils pour être heureux ?

    Le conseil numéro 1 c’est de ne surtout pas attendre de miracle venant de l’extérieur et de ne pas demander à l’humanité de vous aimer.

    Donc il faut rentrer dans l’action, se bouger. Le bonheur n’est pas servi sur une assiette. Ensuite, il faut arrêter de se plaindre et de faire la gueule.

    Il faut aussi savoir regarder les aspects positifs du quotidien. Faire un bilan de la journée même si c’était une journée catastrophique, il y a certainement eu des choses ou des gens sympas. Parfois c’est un petit détail : une attention, un sourire. Les petites choses font les grandes choses. Arrêtons de noircir le tableau, arrêtons le masochisme et le sadisme inconscient.

    Il faut cultiver un certain regard, avoir une lucidité sur l’existence. Dès qu’on change de regard sur les choses les choses changent.

    Propos recueillis par C. D.

     

     


    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique