• L'art de perdre d'Alice Zeniter

    Dans ce roman Alice ZENITER retrace le destin entre la France et l’Algérie d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Une histoire restée sous le silence et les non-dits.

    Trois générations se croisent :

    Ali, le grand-père qui cultive ses oliviers en Kabylie et réussit à faire vivre sa famille mais qui fait « le choix » de s’engager auprès des français et devient par delà un Harki.

    Hamid, le fils parachuté dès 1962 en France parqué dans le camp de Rivesaltes avec tous les siens et qui se heurte au mutisme de son père en réponse à ses interrogations.

    Naïma, petite fille d’Ali qui a toujours vécu en France et s’y sent bien mais qui s’interroge sur ses racines.

    Un roman bouleversant servi par une écriture moderne et captivante où l’auteure conte avec exactitude la tragédie des sacrifiés de l’Histoire, elle le fait sans préjugé ni chichi en utilisant la fiction pour aborder sa propre histoire et pour préserver ainsi ceux qui n’avaient pas envie de parler.

    Un roman qui traite de la double absence. L’absence du pays que l’on a quitté et celle du pays que l’on pensait trouver en arrivant et qui n’est pas celui où l’on s’installe.

    Un roman élu "coup de cœur 2017/2018" par le groupe par une grande majorité. 

    Groupe Renaissance - Juin 2018

     

    Ce roman est l'histoire d'une famille algérienne sur trois générations en Algérie puis à partir de 1962 en France. 

    Ali est un paysan kabyle riche, un notable dans son village, il vit heureux dans son oliveraie, chef de famille attentif, bon père et bon mari.

    En 1954, la guerre d'indépendance éclate et Ali doit choisir entre l'autorité française  et les moudjahidines du FLN.

    L'auteure décrit la lutte de ces deux camps pour se rallier la population par intimidations, par les violences et les représailles, montre l'engagement difficile pour ces paysans analphabètes qui n'ont pas d'informations objectives.

    Ali, porté par les événements, choisit le mauvais camp, celui des perdants, et se retrouve harki presque malgré lui.

    Après l'indépendance, les harkis sont devenus des « traîtres » et devant les menaces de mort, Ali doit fuir son pays avec sa famille et se réfugier dans une France peu accueillante.

    Ils sont parqués dans des camps puis transférés dans une HLM en Normandie.

    Ali et sa femme, Yema, resteront des déracinés mais Hamid et ses frères et sœurs s'intègrent dans la société française grâce à l'école.

    Naïma, la petite fille, jeune femme moderne, à la recherche de son identité algérienne veut briser le silence autour de la famille et des harkis et va se rendre en Algérie.

    C'est un roman passionnant qui traite avec beaucoup d'humanité du choix décisif, de l'exil, du  déracinement et des problèmes d'intégration ; il est riche sur les thèmes abordés et très documenté sur la guerre d'Algérie et les harkis.

    Ce livre a été très apprécié par tout le groupe et nous en recommandons la lecture.

    Groupe Calliope - Février 2018

     


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