• Poèmes pour Annie

     

     

    Poèmes pour Annie

     

     


    Poèmes pour Annie

    Un dernier Hommage à Annie, notre amie... ➕

    "Il restera de toi…

    Il restera de toi ce que tu as donné.
    Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.

    Il restera de toi de ton jardin secret,
    Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée.
    Ce que tu as donné, en d’autres fleurira.
    Celle qui perd sa vie, un jour la retrouv(e)ra.

    Il restera de toi ce que tu as offert
    Entre les bras ouverts un matin au soleil.
    Il restera de toi ce que tu as perdu
    Que tu as attendu plus loin que les réveils,
    Ce que tu as souffert, en d’autres revivra.
    Celle qui perd sa vie, un jour la retrouv(e)ra.

    Il restera de toi une larme tombée,
    Un sourire germé sur les yeux de ton coeur.
    Il restera de toi ce que tu as semé
    Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
    Ce que tu as semé, en d’autres germera.
    Celle qui perd sa vie, un jour la retrouv(e)ra."
    D'après Simone Veil
    (adapté par P@ +)

     

    Poèmes pour Annie

     

    Le Verger

     

    Dans le jardin, sucré d'oeillets et d'aromates,
    Lorsque l'aube a mouillé le serpolet touffu,

    Et que les lourds frelons, suspendus aux tomates,
    Chancellent, de rosée et de sève pourvus,

    Je viendrai, sous l'azur et la brume flottante,
    Ivre du temps vivace et du jour retrouvé,
    Mon coeur se dressera comme le coq qui chante
    Insatiablement vers le soleil levé.

    L'air chaud sera laiteux sur toute la verdure,
    Sur l'effort généreux et prudent des semis,
    Sur la salade vive et le buis des bordures,
    Sur la cosse qui gonfle et qui s'ouvre à demi ;

    La terre labourée où mûrissent les graines
    Ondulera, joyeuse et douce, à petits flots,
    Heureuse de sentir dans sa chair souterraine
    Le destin de la vigne et du froment enclos.

    Des brugnons roussiront sur leurs feuilles, collées
    Au mur où le soleil s'écrase chaudement ;
    La lumière emplira les étroites allées

    Sur qui l'ombre des fleurs est comme un vêtement.
    Un goût d'éclosion et de choses juteuses
    Montera de la courge humide et du melon,
    Midi fera flamber l'herbe silencieuse,
    Le jour sera tranquille, inépuisable et long.

    Et la maison, avec sa toiture d'ardoises,
    Laissant sa porte sombre et ses volets ouverts,
    Respirera l'odeur des coings et des framboises
    Éparse lourdement autour des buissons verts ;

    Mon coeur, indifférent et doux, aura la pente
    Du feuillage flexible et plat des haricots
    Sur qui l'eau de la nuit se dépose et serpente
    Et coule sans troubler son rêve et son repos.

    Je serai libre enfin de crainte et d'amertume,
    Lasse comme un jardin sur lequel il a plu,
    Calme comme l'étang qui luit dans l'aube et fume,
    Je ne souffrirai plus, je ne penserai plus,

    Je ne saurai plus rien des choses de ce monde,
    Des peines de ma vie et de ma nation,
    J'écouterai chanter dans mon âme profonde
    L'harmonieuse paix des germinations.

    Je n'aurai pas d'orgueil, et je serai pareille,
    Dans ma candeur nouvelle et ma simplicité,
    A mon frère le pampre et ma soeur la groseille
    Qui sont la jouissance aimable de l'été,

    Je serai si sensible et si jointe à la terre
    Que je pourrai penser avoir connu la mort,
    Et me mêler, vivante, au reposant mystère
    Qui nourrit et fleurit les plantes par les corps.

    Et ce sera très bon et très juste de croire
    Que mes yeux ondoyants sont à ce lin pareils,
    Et que mon coeur, ardent et lourd, est cette poire
    Qui mûrit doucement sa pelure au soleil...

                Anna de NOAILLES

                     1876 - 1933

     

    Poèmes pour Annie

     

    La Fileuse 

    Assise, la fileuse au bleu de la croisée
    Où le jardin mélodieux se dodeline;
    Le rouet ancien qui ronfle l’a grisée.

    Lasse, ayant bu l’azur, de filer la câline
    Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,
    Elle songe, et sa tête petite s’incline.

    Un arbuste et l’air pur font une source vive
    Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose
    De ses pertes de fleurs le jardin de l’oisive.

    Une tige, où le vent vagabond se repose,
    Courbe le salut vain de sa grâce étoilée,
    Dédiant magnifique, au vieux rouet, sa rose.

    Mais la dormeuse file une laine isolée;
    Mystérieusement l’ombre frêle se tresse
    Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée.

    Le songe se dévide avec une paresse
    Angélique, et sans cesse, au doux fuseau crédule,
    La chevelure ondule au gré de la caresse...

    Derrière tant de fleurs, l’azur se dissimule,
    Fileuse de feuillage et de lumière ceinte :
    Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre brûle.

    Ta sœur, la grande rose où sourit une sainte,
    Parfume ton front vague au vent de son haleine
    Innocente, et tu crois languir... Tu es éteinte

     Au bleu de la croisée où tu filais la laine.

    Paul Valéry

    1871-1945  

     

     

    Poèmes pour Annie 

  • Commentaires

    1
    Dany78
    Mercredi 10 Février à 17:27
    Un très bel hommage à Annie qui le mérite bien !
    Elle peut reposer en paix,sa vie a été bien remplie.
    Merci Annie
    2
    FM
    Mercredi 10 Février à 20:28
    Annie tu vas nous manquer
    3
    maguy Mons
    Jeudi 11 Février à 16:31

    Ces poèmes sont magnifiques et très doux ...  Un bel hommage à Annie !  (mais quel choc !)

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